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Grenelle de l’environnement.

(*) © Photo de Philippe Courbon

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Borie et clocher.
Reillanne - 2003 (*)

    Voici, ci-dessous, deux contributions que j'ai faites. Si vous souhaitez compléter votre information par les réponses, jointes, à ces textes, vous pouvez les retrouver sur le site "forum.gouv" en utilisant les liens directs (situés sous les titres).

1 - Message écrit le 10/10/2007 par Philippe Courbon en réponse à : Renforcer et partager les connaissances dans le domaine des liens entre la santé et l’environnement.

2 - DEMOCRATIE PARTICIPATIVE ET INSTITUTIONALISME de notre République

1 - SANTE PUBLIQUE et SANTE ENVIRONNEMENT : enjeu de l’Education à la Santé

     
Message écrit le 10/10/2007 par Philippe Courbon en réponse à : Renforcer et partager les connaissances dans le domaine des liens entre la santé et l’environnement.

Sur l’ASPECT SANTE et ENVIRONNEMENT :

     Tous les travaux connus ou moins connus sur la spermatogenèse, la toxicité des pesticides tant sur le plan environnemental que sanitaire (Copenhague 1999, Pr. Fénichel Nice 2001, Pr. Joyeux, Prof. Belpomme) démontrent, s’il en était besoin de ce lien évident entre « agriculture - environnement - santé », et la perspective proposée concernant la réforme de la P.A.C. au bénéfice de la restauration collective de qualité est plus que pertinente.

     
     Ceci étant, il me semble qu’il y a un volet qui serait utile de mentionner et d’appuyer, c’est celui de l’Education à la Santé.

     
     D’une part, parce que c’est (hélas) le parent pauvre de la Santé Publique. On n’en parle autant qu’on en pratique peu, et qu’on lui accorde peu de budgets. D’autre part, et là j’évoque mon expérience personnelle et professionnelle, c’est le lieu d’une véritable motivation et d’un réel intérêt capable de :
> mobiliser l’individu à se « réapproprier » la gestion de sa santé (responsa-bilisation)
>  entreprendre une modification de comportement et à de saisir les liens entre comportements personnels et « comportements sociétaux » (solidarité)
>  générer une prise de conscience entre santé personnelle (alimentation, hygiène de vie, activités, dépendances, drogues), santé relationnelle (relations humaines, vivre ensemble, gestion des conflits interpersonnels), et santé planétaire (biodiversité, agriculture, environnement, géopolitique).

     
     L’éducation nutritionnelle, entre autres, est trop absente et ignorée de l’Education Nationale. Au point d’ailleurs de faire apparaître des véritables schizophrénies entre l’invitation à appliquer le « Programme National Nutrition Santé » (PNSS) et les incohérences alimentaires que les enfants rencontrent au sein même des cantines de leur Etablissement.

     
     La question de la restauration collective pose d’ailleurs la question de savoir s’il s’agit d’une simple et seule prestation commerciale et hôtelière ou bien s’il s’agit également d’une action de santé publique au double sens du terme éducatif et nutritionnel.

     
     Les diététiciennes ont souvent une approche quantitative et hospitalière, fondamentale certes, mais insuffisante pour approcher l’aspect qualitatif de l’alimentation.

     
     Le Conseil Economique et Social, dans son rapport de 1982 sur « l’Education à la Santé », et celui de novembre 2003 sur « la Prévention en matière de santé », pointe de telles incohérences et interpelle très judicieusement les Pouvoirs Publics. Hélas ces travaux réunissent experts, auditions, commissions, et finalement, demeurent inconnus, inexploités et souvent oubliés.

     
     Il convient, à mon sens, de façon urgente, de sortir de cette fragmentation culturelle et institutionnelle entre « santé publique », « santé environnementale » et « santé planétaire ». Il convient de réhabiliter une pédagogie et une compréhension de soi et de sa santé qui soient suffisamment globales et transversales pour que chacune et chacun prenne conscience du pouvoir qui est le sien dans ces diverses implications d’alimentation, de consommation, et de comportements environnementaux.


2 - DEMOCRATIE PARTICIPATIVE ET INSTITUTIONALISME de notre République


     Message écrit le 10/10/2007 par Philippe en réponse à Programme d’actions : Institutions - Etablir les bases d’une démocratie écologique

     
     Appeler l’émergeance d’une citoyenneté suggère d’une part la capacité pour les citoyens d’être correctement et librement informés ; d’autre part que soit mis en place un réel recensement des apports et des contributions.

     
     Trois observations contributives sur cette question de GOUVERNANCE :

>  le SUR-INSTITUTIONNALISME
>  le risque d’instrumentalisation de la DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
>  l’évidente faiblesse de la DEMOCRATIE REPRESENTATIVE actuelle

     
     Comme d’autres, je fais le constat d’un sur-institutionnalisme dans notre pays, au niveau de l’aménagement des territoires (communes, intercommunalités, pays, etc). Je pense que nous avons, sans doute un héritage de la décentralisation de 1982, : un sur-institutionnalisme au niveau du fonctionnement décisionnel et politique : aux côtés d’un Etat décentralisé, mais non moins présent à toutes les échelles d’expressions territoriales (préfets de région, préfets de départements, sous-préfets, et leurs services), nous avons toutes les Institutions élues : Mairies, Conseils Généraux, Conseils Régionaux (qui souvent via ses « hôtels de département » et « palais de régions » ont recréées des duchés et des comtés !)

     
     Or force est de constater qu’entre ces deux pouvoirs, celui étatique, et celui élu, nous disposons souvent d’un double dispositif qui ne dispose non seulement d’aucune lien transversal, mais plus encore relève souvent de dispositifs contradictoires et de nomenclatures différentes (exemple concret : la différenciation des critères d’hygiène et de sécurité pour un établissement privé suivant que ceux-ci relèvent de la DISS ou de la DDASS !)...

     
     D’une façon générale me semble-t-il on peut dire que les grands sujets actuels relèvent d’une lecture globale qui est complexe et transversale, d’où peut-être le sentiment d’impuissance voire de désertion des débats publics par nombre d’individus. C’est le mérite d’un certain nombre de sociologues, dont Edgar Morin, ou Michel Serres, que d’avoir souligné cette invitation à une pensée plus globalisante abordant la complexité comme un enjeu nouveau porteur de diversité et de transversalités.

     
     Mais, il semble qu’il y a une année-lumière ( !) entre les propos de ces quasi-prophètes du monde moderne qui tentent de pressentir les grands enjeux de notre temps, et le monde de la politique et des institutions, qui, elles, paraissent encore extrêmement figées dans des nomenclatures unilatérales et hermétiques.

     
     A cette absence, entre autres, d’amplitude de la pensée politique, à ces regards souvent encore trop enclavés, à ces esprits souvent trop attachés à une abnégation personnelle au bénéfice de leurs partis, a souvent été proposé le concept de « Démocratie Participative ». L’idée est généreuse, certes. Mais, me semble-t-il, elle demande à être accompagnée, de loyauté d’une part, de méthodologie d’autre part.

     
     Effectivement, j’ai personnellement participé à divers « carrefours des citoyens » soit organisés par la Région PACA, soit par le Parc naturel régional du Luberon, et qu’ai-je observé ? D’une part, que beaucoup de participants / citoyens sont flattés de pouvoir venir s’exprimer devant tels ou tels élus, sans que pourtant ils soient informés de l’usage qui sera effectivement fait ou non de la parole qu’ils vont émettre ou des propositions qu’ils vont faire. D’autre part, que, pour ce que j’en ai vu personnellement, il n’y avait aucune méthodologie permettrant de créer des « commissions citoyennes » ou des comités consultatifs élargis qui auraient pu permettre de référencer les citoyens s’exprimant soit comme « personnes ressources » soit comme porteuses d’un thème de questions ou de propositions.

     
     Cela m’a laissé, à l’époque, un goût quelque peu amer, d’une démarche flatteuse de l’opinion publique mais ne se donnant aucunement les moyens d’utiliser utilement les éventuelles propositions de celle-ci, ni aucune mémoire de ce qui est débattu. Disant cela je n’ignore pas (pour l’avoir beaucoup rencontré dans mes activités associatives) que la gestion d’une démocratie participative directe peut être, aussi, ingérable, dans le sens que toute voix ne vaut pas une parole, et qu’il faut que chacun ait la rectitude et l’honnêteté intellectuelles de n’intervenir que dans le cadre précis et d’une « règle du jeu » commune et d’un objectif défini et reconnu comme engageant les adhésions et les ressources de chacun.

     
     Quant à la « Démocratie Représentative » qui est, ou plutôt devrait être, la signature d’un régime de République Parlementaire, elle est, bien malade. 577 députés ! 321 sénateurs ! qui légifèrent à tour de bras, certes, mais la plupart du temps avec un seuil de participation dérisoire des parlementaires lors des votes, avec un régime des partis qui (trois fois hélas) affranchie les parlementaires de toute voie distinctive et singulière.

     
     La fonction politique souffre de tout cela et la représentation qui est donnée de la « gouvernance » apparaît lors suspecte.

     
     Il conviendrait de revoir ces trois points :
     
     Reconsidérer les pouvoirs territoriaux et les « doublons » d’institutions entre celles de l’Etat et celles des Collectivités territoriales
     
     Mettre en place des modalités effectives d’une gestion de « démocratie participative » par commissions citoyennes
     
     Etablir une Charte d’engagement et d’éthique du parlementaire posant comme principe incontournable sa présence aux débats et votes parlementaires, et instaurant une votation personnelle (et non de «partis»).

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